Je naquis au Nord, dans la plaine,
un jour de brouillard
et dès lors plaine
de brouillard et bruill
ard ont été mes chaînes.
Rares mes évasions
toujours bref l’été
et trop souvent
au bout de la rue, un mur.
C’est pour ça que j’aime la mer
ce jouet infini vivant
où je retrouve les jours les plus beaux
de mon enfance et avec
l’enfance du monde
et avec les longs bateaux phéniciens et les héros
revenants dans le soleil des matins
d’été sur leurs chevaux blancs
là où la vague se retire et le sable
pour un instant souffle des rubans de lumière.
C’est ainsi que dans la mer je retrouve ma vie la plus vraie
et peu importe si après
au Nord, dans la terre de l’exil où je naquis,
m’attendent encore
mes chaînes.
Traduzione di Cristina Ricci e Ivana Bulgarelli