Ma mère m’emmenait avec elle
Lorsqu’elle travaillait dans les champs.
Elle me racontait des fables sur les biches et les bois
Le matin sur le sol labouré .
Elle me posait sur l’herbe
A côté des tentes des gitans
Et elle se perdait dans l’horizon
Dans les plantes vertes de maïs.
Après le matin venait le midi
Sur les champs de ronces noires
Le chant triste du peligòrga1
Remplissait la vallée de ses sons.
La journée darsienne était longue
Sous le soleil cuisant
Lorsque je pleurais et que j’avais faim,
Les gitanes m’allaitaient.
Parmi les sons et les danses des ours
J’ai grandi dans mes jeunes années.
Ce que j’ai perdu aujourd’hui
C'est leur langue magique.
Aujourd’hui encore dans notre village
On m’appelle l’ami des gitans.
Ainsi comme le lac attendait ses cygnes
Moi, leurs tentes blanches.
Dès que je les voyais au sommet de la colline,
Fou de joie,
Je rejoignais la vallée en courant
Pour retrouver la brune Nejmè.
1 . Peligòrga: oiseau solitaire aux plumes vertes qui vit aux alentours des rives des fleuves, des torrents et des ruisseaux, il nidifie sur la terre et se trouve seulement en Darsia, la province collinaire où est né le poète.
Poésia extraites du recueil Peligòrga, Besa 2007
traduzione di Laureance Poggi