Et nous qui voulions faire
Majestueuse la dernière cérémonie
Du maître mais voilà que commença
Une ondée qui
Décima nos rangs de disciple
Alors que nous sautions les tombes obliques
En reculant vers nos voitures en secouant
Nos pantalons couverts de boue-
Poisseuse de morts serviles
En grattant les semelles contre les pierres tombales
Pour les nettoyer des crottes de brebis
Laissées brouter librement cette herbe
Nourrissante de fesses pourries
Alors qu’un hodja improvisé
Etait en chasse de cérémonies mystiques.
On ne sut jamais comment firent
Les fossoyeurs pour descendre le cercueil
Tant étaient épaisses les cordes de pluie
Mais on dit que la pluie d’été est comme
La course de l’âne et c’est ainsi que nous oubliâmes
Déjà tout une fois glissés dans
nos pyjamas contemporains.
Arben Dedja est né à Tirana en 1964. Il a achevé dans sa ville natale ses études de Médecine et de Chirurgie (1988), et s’est ensuite spécialisé en Chirurgie générale (1994). Pendant la période de 1995-1999 il a exercé sa profession de chirurgien auprès de l’hôpital universitaire de Tirana. Il vit depuis 1999 en Italie et il travaille comme collaborateur de recherche auprès de l’Università degli Studi de Padoue. A part ses articles scientifiques, Arben Dedja effectue aussi une ample activité littéraire soit comme poète dans sa langue maternelle et en italien, que comme traducteur de l’italien et de l’anglais. Il a déjà publié deux livres de poésie et deux de traductions : Umberto Saba, 30 poezi [30 poésies](MCM, Tiranë 2000). Il a en outre participé comme traducteur à l’anthologie Poezia italiane e shekullit XX[Poésie italienne du vingtième siècle](Elena Gjika, Tiranë 2000). En 2004 il a été nommé gagnant ex-aequo du « Premio internazionale di poesia e traduzione Fondazione Cassa di Risparmio di Ascoli Piceno » pour sa traduction en albanais des poésies choisies de Attilio Bertolucci. Sa dernière composition poétique s’intitule I thopërkuom[paralytique](Korbi, Tiranë 2003). En Italie c’est sur la revue de poésie comparée « Semicerchio » qu’il a fait ses débuts comme traducteur (de Guido Cavalcanti) et comme poète. Ses poésies originales( traduites en italien par lui-même) proposées ici proviennent du recueil inédit vetëportete [autoportraits].