El Ghibli - rivista online di letteratura della migrazione

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nous barbares christianisés

julio monteiro martins

Nous barbares christianisés,
Plus seuls que jamais,
Sous le regard du monde,
Nous n’avons plus
Ni ptolémées ni basiles
Pour nous expliquer aux autres
Ni n’avons d’autres goths convertis
Pour empoigner leur glaive
A notre nom.

Nous sommes seuls,
Sans voie d’issue.

En scrutant le désert
Qui annonce les lions
Nous voyons partout les mirages des bêtes sauvages
Rendues féroces,
Des martyrs nus,
Pour toujours au milieu du cirque.

Antioche est tombée,
Et Carthage et Byzance,
Le phare d’Alexandrie,
Les tours de Damas,
Les tours jumelles,
Toutes les tours sont tombées.
Et alors que Vienne résiste,
Lisbonne est à bout de forces.
Le sang remonte,
A contre-courant,
Le Tage et le Guadalquivir.

Encore bégayants
De la révélation
Nous avons coupé nos tresses
Pour faire le tour des mers
Avec Magellan.
Nous sommes peu à être revenus
Et nous sommes peu à être restés
-une poignée étonnée
à Vancouver, à Brasilia,
à Riga, à La Vallette-
trop peu de fantassins
pour trop de portes
sans surveillance.

Des cols du Frioul,
Des monts des Pyrénées,
Des eaux les plus chaudes
Le monde se rapproche de nous
Et nous étreint
En un cercle de feu.
Serrés, pressés,
Nous éclatons vers le haut :
Appollo, Voyager,
Soyuz, Mir,
jets dans l’éther,
nouveaux mirages
sur de nouveaux déserts.
(Quand tomba
l’empire des Justiniens,
nous avons fait pareil :
nous nous sommes aventurés
dans la mer ténébreuse.
Mais en ce temps-là
Il y avait les Indes).

Nos yeux,
Par centaines,
Tournent autour de la planète.
Ils voient tout,
Mais comprennent peu.
Nous voudrions effacer
Les prêches agitées
A coup d’atomique
Pour rester seuls
A parler
Parmi les colonnes coupées.

Ce ne sont pas les clous qui tuent
Lors des crucifixions.
C’est seulement le poids
De l’homme crucifié
Qui lui bloque la respiration.

Cà au moins
Nous aurions dû le comprendre
En regardant les croix
Sur le mont.

Mais nous barbares

Sommes comme des enfants.
Nous n’avons pas de souvenirs
Des sacrifices
Nous n’avons rien
En mémoire.
Nous ne savons qui nous sommes
Nous-mêmes.
On ne nous a pas concédé
Les siècles pour l’apprendre.

Traduit par Marina Spazzi

Julio Monteiro Martins est né en 1955 à Niteròi, Brésil. « Honorary Fellow in Writing » auprès de l’université de l’Iowa aux Etats-Unis, il a enseigné l’écriture créative au Goddard Collège dans le Vermont(1979-82), à l’Oficina Literària Afrânio Coutinho à Rio de Janeiro (1982-91), à l’Instituto Camões, à Lisbonne (1994), à la Pontifìcia Universidade Catòlica do Rio de Janeiro(1995), et entre 1996 et 2000 il a donné des cours dans plusieurs villes de Toscane. Il a été l’un des fondateurs du Partito Verde brésilien et du mouvement écologiste « Os Verdes ». Avocat des droits humains à Rio de Janeiro, il a été responsable de la mise en sécurité des meninos de rua : Dans son pays d’origine, il a publié neuf livres parmi lesquels des recueils de récits, des romans et des essais, parmi lesquels Torpalium (Ática, São Paulo 1977), Sabe quem dançou ?(Codecri, Rio 1978), A oeste de nada (Civilização Brasileira, Rio 1981) et O espaço imaginario (Anima, Rio 1987). En Italie Il percorso dell’idea (petits poèmes en prose, avec les photographies originales de Enzo Cei, Vivaldi & Baldecchi, Pontedera 1998), les recueils de récits Racconti Italiani (Besa, Lecce 2000), La Passione del vuoto (Besa, Lecce 2003), Madrelingua (Besa, Lecce 2005), et L’irruzione, récits inclus dans l’anthologie Non siamo in vendita-Voci contro il regime ( edition soignée par Stefania Scateni et Beppe Sebaste, préface de Furio Colombo, Arcana Libri / L’Unità, Rome 2002). Ses poésies ont été publiées sur différentes revues, parmi lesquelles le quadrimensuel international de poésie « Pagine » et la revue on line « El Ghibli », et dans les anthologies « i confini del verso. Poesia della migrazione in italiano (Florence, Le Lettere 2006) et A new Map : the Poetry of Migrants Writers in Italy (Los Angeles, Green Integer 2006). Il a été le créateur de l’évènement “scrivere oltre le mura”. Il vit actuellement en Toscane où, outre à enseigner la Langue Portugaise et la traduction littéraire à l’Université de Pise, il dirige et enseigne le laboratoire de Narrative, qui compte au programme du Master de l’école Sagarana à Lucca, et il est directeur de la revue littéraire on line « Sagarana ».

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Anno 3, Numero 14
December 2006

 

 

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